Parfum D'Origole

Publié le par Mordus d'athlétisme St Cyr

 
 
 Par Karine

bonsoir à tous et à chacun,

après une bonne nuit..... quelques douleurs dans les gambettes , déçue par mon abandon mais par moment il faut savoir s'arreter avant de se faire trop mal. Beaux commentaires de Guy et Jérome (je croyais y être encore), sauf que j'ai mis beaucoup plus de temps, et oui c'est ça les crampes quand elles arrivent elles ne vous lâchent plus et sachant l'entraînement que j'ai en ce moment!!!!!! mais bon Corinne n'a pas voulu lâcher son boulet....à 5km de l'arrivée j'ai lâchée prise c'était le dernier point avec bénévole (SOS rapatriement), elle a continué avec un gars fort sympa et légèrement blessé ; mais je me suis bien éclatée, glissades, patinage, brouillard, côtes, descentes, boue encore et encore, un peu égarée pas longtemps..., ambiance très sympa mais pas de chevreuil, pas de biches (euh si nous, n'est ce pas Corinne ??)

bon les gars sachez que je reviens l'année prochaine et cette fois je termine.

sur ces bonnes paroles, bonne nuit j'ai encore besoin de sommeil ce matin le réveil a été quelques peu difficile....

bises à tous

Karine

Par Jérome

Merci Guy pour ce superbe récit. Ca sent le vécu !

Tu m'as encore devancé, mais tant pis j'envoie quand même mon p'tit résumé...

Bonjour les noctambules, celles et ceux qui n'ont rien de mieux à faire la nuit qu'aller patauger dans la boue...


Dans la nuit de samedi à dimanche dernier avait lieu la quatrième édition de L'Origole célèbre trail nocturne se déroulant dans 
les environs du Perray en Yvelines
Au menu 2 courses :

- 1 grand trail se déroulant sur 3 boucles (28,5-24-22,5 kms avec 670m, 950m et 280m de dénivelé postif respectivement)
- 1 petit trail se déroulant sur la première boucle

Quelques éminents spécialistes étaient présents sur cette édition mais, curieusement, uniquement sur le "petit" trail. On se demande bien pourquoi ? :-)...
Des vieux briscards habitués des circuits Gilles et Guy, des courageuses Corinne et Karine (dont c'était le premier trail de nuit....et pas le plus facile !), 
les forçats du secteur 5 Tadeusz et Patrick (sans son chien) et votre serviteur.

nombreuses récompenses ont été raflées lors de cette édition avec les résultats suivants

1er au scratch : PACZKOWSKI TADEUSZ M 710 Vétéran 1 EASQY 02:41:11.48 (et 1er V1M)
7ème RUDELLE JEROME M 708 Vétéran 1 EASQY 03:04:23.34 (2ème V1M)
13ème BERTHAULT PATRICK M 707 Vétéran 1 EA ST QUENTIN EN YVELINES 03:10:49.17 (5ème V1M)
30ème BONNET GILLES M 704 Vétéran 1 EA ST QUENTIN EN YVELINES 03:27:30.78 (10ème V1M)
42ème LEGRAND GUY M 706 Vétéran 2 MORDU ATHLETISME ST CYR 03:43:12.75 (4ème V2M)
108ème HENRY CORINNE F 779 Vétéran 1 EASQY 05:28:15.28

et EASQY 1ère équipe !

malheureusement Karine n'a pu terminer la course, terrassée par les crampes et rapatriée par  Origole Assistance... (Vivement l'année prochaine, non ? ....)

Et maintenant quelques impressions personnelles....

Ciel dégagé et température acceptable (environ 2-3°C) pour cette édition.
Arrivée vers 22h45 au gymnase du Perray. Revue de paquetage et retrait des dossards. Tout le monde se retrouve avant la course mais on sent la fébrilité sur
les visages (sourire jaune et crispé...).
23h30 briefing : il y a moins de boue que prévu. Uniquement au dessus des chevilles et non jusqu'à la tailles comme certains malins ont voulu le faire croire....
Une chose est sûre : le parcours est - beaucoup - plus difficile que l'année dernière. C'est rassurant...
En route pour la ligne de départ face à la Mairie.
0h00 : départ pour la grande aventure. Je pars doucement , ne pas surestimer ses forces...
Après une première partie bitume, les choses sérieuses commencent avec l'entrée dans les bois. Effectivement la boue est bien présente !
Première partie de parcours sans grosses difficultés à travers bois (avec un beau coucher de lune sur les étangs de Hollande) ou sur les 
"chemins" forestiers, sans compter quelques rigoles à enjamber.... 
la boue commence à coller aux semelles. Survient alors les premières difficultés avec des pentes assez raides en montée comme en ... descente. Premiers problèmes d'orientation avec 
perte de balisage. Après 2-3 minutes d'errement on retombe sur le bon "chemin" avant d'entamer la traversée des marais et cette boue qui essaie d'avaler nos
pompes à 130€... On frole la chute à tout moment (effectivement on en a jusqu'au dessus des chevilles et même dans les chevilles !).... Une nouvelle portion plus calme 
succède à la jungle tropicale. Puis c'est l'entrée dans le parc du château des Mesnuls avec une somptueuse arrivée sur le monument éclairé et premier point de contrôle. 
La deuxième partie de la course débute alors et avec elle le plat de résistance. Une succession de montées très raides puis des descentes où il faut slalomer entre les
arbres et éviter les racines et les troncs en travers du chemin (On se croirait au trail des lucioles...) avec, cerise sur le gâteau, une grande rigole à franchir dont j'ai cru ne jamais sortir !
Les muscles commencent à souffrir et une fois les difficultés terminées, les crampes aux mollets apparaissent....puis aux cuissses.. Quelques barres de céréales avalées et je repars doucement me faisant inexorablement lâcher par le groupe dans lequel je me trouvais depuis plusieurs kilomètres. A partir de maintenant, je vais vivre la fin de l'épreuve en quasi-solitaire à part 2-3 coureurs 
que je doublerai ou qui me doubleront d'ici l'arrivée. Le plus dur, c'est de ne pas penser aux muscles endoloris, de bien repérer les balises sur les arbres (de moins en moins
visibles avec le brouillard qui tombe comme la visibilité. Ah tiens un deuxième point de contrôle. 708 : "présent !"  . Et toujours cette boue qui empêche d'avoir des appuis contrôlés... Encore des passages - glissants - de rigoles puis 
c'est la sortie du bois (enfin) et dernière ligne droite à travers champ (I N T E R M I N A B L E !!!). J'avance presque au ralenti. Le froid se fait sentir et on ne voit par endroit que 2-3 m devant soi... 
Et enfin le bruit de la N10 annonçant l'arrivée imminente. Quelques longueurs de bitume (on serre les dents) et c'est l'arrivée et une bonne soupe chaude pour réchauffer le corps. Le tout
en 3h04 et des poussières.... Et dire que Tadeusz était arrivé depuis 25 minutes..... Bravo champion !
Moins de 10 minutes après apparait Patrick frais comme un gardon malgré sa crève (je me demande si ce n'était pas une feinte....) qui m'avoue avoir doublé plein de coureurs dans la grande 
ligne droite !!!! Et grâce à qui : A son entraînement pour le cani-cross !
Une bonne douche et puis l'attente de nos valeureux ami(e)s.... non sans angoisse pour certaines... Fin de course sur les coups de 5h30... Dodo vers 6h30-40..... une petite pensée à celles et ceux qui devaient se lever tôt pour

l'arbre de Noël de leur CE ...

Je reste impressionné devant tous ces coureurs arrivés en même temps que moi et qui repartaient pour entamer une deuxième puis ... une troisième boucle... Chapeau bas !

Bravo à l'organisation et à ... l'année prochaine !!!

Votre serviteur
Jérôme

Par Guytou

ok ok ça vient le récit de l'Origole, mais vu le peu de sommeil ce week-end il était bien légitime que je ne donne pas signe de vie, même si après coup j'aurais pu penser ne pas en revenir... 

 

Sacrée soirée (non pas celle de JPF), euh nuit je devrais dire...

 

Bon, Jean-Luc (2XL) nous avait prévenu, ça serait viril, et bien...il n'a pas menti. Glurps.

 

Bien en a pris à l'organisation de faire commencer le trail par la boucle de fin de l'année dernière.

Elle s'appelle "Orlande", bien plus sympa, de prime abord, que le "Coupe Gorge" mais...

 

22h00 je passe prendre Gilou chez lui, pas trop stressé, la météo s'annonce clémente mais fraîche.

1/2 h plus tard arrivés au Gymnase du Perray, où l'accueil était encore bien organisé, bénévoles sympa avec le sourire. Contrôle des sacs perception des dossards, ça roule enfin pour l'instant...

Arrivent nos compères de Magny, brin de causette, chacun commence à se préparer et on sent la pression (non pas la bière) montée malgré l'atmosphère détendue toute relative.

Karine et Corinne nous rejoignent enfin, c'est bon l'équipe est au complet.

Gilou est venu en renfort avec 2 de ses collègues de boulot.

 

L'heure tourne, les tenues sont prêtes, les sacs bouclés, nous sommes tout ouie pour le briefing très très intéressant.

La distance fait bien (hélas) 28 Km, quelques passages délicats, la traversée d'une propriété privée (attention aux câbles) mais pour le reste...

 

23h50 environ, départ en groupe vers la place de la mairie. Beaucoup de monde, cela s'explique par le fait que la grande boucle, pour ceux qui terminent, permet de marquer 2 points pour l'UTMB. Je n'ai pas trop cogité sur le coup mais si les 74 Km sont reconnus comme qualife pour le grand trail ça peut supposer une difficulté certaine.

 

Bon ça discute, ça essaie de se réchauffer, un salut de Marian venu en voisin nous encourager.

 

00h01, coup de trompe c'est parti (mon kiki oui si tu veux...)

 

Il y a des jours comme ça où tu te dis où se trouvent les limites de la raison, mais finalement il vaut mieux ne pas savoir.

ça trottine, pour l'instant en ordre serré avant de rentrer dans le vif du sujet et quel sujet.

Bien évidemment se sont déjà envolés Tadeusz (doit avoir un moteur de tronçonneuse dans ses chaussures...) et Jérôme qu'on ne reverra plus avant....quelques heures.

 

Les filles sont derrière certainement à parler chiffon, normal.

 

Fait frisquet, heureusement bien m'en a pris d'enfiler la gore-tex au dernier moment, j'aurais eu des remords.

 

Enfin les chemins arrivent, tout ce petit monde trottine déjà à une allure soutenue, trouvons nous avec Patrick, Gilou est devant on essaie de ne pas le perdre.

 

Que dire de la suite, si ce n'est que le parcours semblait "facile" au début malgré les chemins en bourbier qui donnait le ton, que ceux qui voulaient rester au sec passaient leur chemin.

Puis tout s'enchaine assez vite avec un parcours beaucoup plus technique que l'an passé mais aussi beaucoup plus intéressant, après, tout dépend de ce que l'on entend par intéressant.

 

Plutôt que de raconter le fil de cette course km par km, voici ce qui m'a marqué :

 

- 3 glissages au tapis sur 28 bornes, finalement cela aurait pu être pire !

- du gras en veux tu en voilà, ça on a été servi et pas seulement sur les chemins, non non ça aurait été trop facile...quel régal d'être dans mon élément.

- des côtes que dis je des murs !!!!!!!!!! me rappelant par moment ce trail qui m'est cher, et oui le Vulcain. Pour ceux qui auraient encore des doutes sur du fort dénivelé possible en forêt de Rambouillet qu'ils viennent se rendre compte...Bon ce n'est pas tant le fait qu'il y ait une côte raide à monter, mais c'est que cela revenait souvent...bigre, à croire qu'ils nous ont emmené dans une espèce de puits (encore Vulcain) et que l'on cherche par quel bout continuer pour s'en sortir. Je ne sais pas combien on en a enchaîné mais je dois avouer que cela a mis à mal ma petite personne, certes en manque un peu d'entraînement. Effectivement ça fait penser un peu aux Lucioles, mais en plus grand !

Chose rassurante, est que, même Tadeusz n' a pas couru dans ces montées !!!

- Tu vas me dire si ça monte, et bien oui ça redescend, et alors là, j'ai préféré 100 fois les montées même si mes mollets me suppliaient d'arrêter. D'habitude je les attends avec impatience car j'adore les descendre relativement vite, mais c'était oublié la texture du terrain qui a repeint mes belles Salomon au départ. Vigilance, assurance et enthousiasme léger sous la godasse étaient de mise si tu ne voulais pas arriver bien avant tout le monde en bas. Du technique avait été annoncé, du technique il y avait.

- J'ai beaucoup apprécié une belle descente dans les fougères avec une terre même pas grasse, "sèche" qu'ils disaient, d'un moelleux je ne dis que ça, amortis tout en velouté. Un régal.

- Moins bien une montée en cailloux, puis une autre sans, où il fallait marcher en canard ou en je ne sais quoi pour de pas glisser de plus de pas que tu en avais monté.

- Apprécié aussi certains passages à flanc de colline, chemins ou pas chemins d'ailleurs en dévers, alors là c'était patinage artistique mais plus patinage qu'artistique !!!

- Beaucoup apprécié tout le hors piste avec son lot de suspens surtout sous les matelas de feuilles, tu y vas tranquille, enfin si je puis dire et par moment, sensation bizarre d'enfoncement ou de rencontres d'objets naturels non identifiés (ONNI)

- Egalement la traversée des célèbres rigoles, mais qui heureusement étaient pratiquement toutes à sec par rapport à l'année dernière où elles débordaient. Traversée en les coupant ou en les longeant dans leur lit...et poète avec ça. En parlant de lit un autre commençait à se faire désirer.

- le brouillard vers la fin qui ne facilitait pas la tâche de repérage des rubalises.

- Sacré boulot de rubalisage à noter, il y en avait presque tous les 30m, par moment c'était un minimum et pourtant, suivant ton angle de vue, tu ne les voyais pas toutes ou pas tout de suite ménageant un peu de suspens...en pleine nuit...3h00 du mat'...Côté rassurant aucune bestiole hormis à 2 pattes à signaler. Pas folles au moins elles. Pas un temps à mettre sa truffe dehors.

- le passage devant le superbe château des Mesnuls, éclairé, et surtout après un peu de bitume. Bon je reconnais que cela m' a fait plaisir, mais tu le gardes pour toi.

- Anecdote : alors que je suivais une meute de férus, v'là ti pas qu'on s'égare, car on avait l'impression, non pas d'avoir loupé des rubalises, mais au contraire qu'il y en avait trop à ne pas savoir quel chemin suivre. Fidèle à moi-même vaut mieux se perdre à plusieurs que tout seul. Après quelques minutes à peine d'égarement les plus affûtés nous ont remis sur le droit chemin, et cela a permis au peloton dans lequel étaient Patrick et Gilou, de nous rejoindre. Patrick pétant du feu de dieu est parti et on ne l'a pas revu sauf à l'arrivée. J'ai fait un bout de chemin ensuite avec Gilou, mais les côtes ont eu du mal à être digérées, du coup je n'ai pas pu le suivre. C'est qu'il est en forme aussi le Gilou.

- C'est vrai qu'après coup cela fait penser un peu aux montagnes russes genre "Tonnerre de Zeus" du parc Astérix avec les hauts de coeur en moins.

- Heureusement que mon Pépère Denis n'est pas venu...

- Le temps est passé mais avec aucun recul sur ma position éventuelle. Et puis le coup de barre est arrivé, je ne sais pas dire combien de Km il me restait. Les difficultés les plus torrides étaient passées sauf que, quand tu accuses une fatigue certaine, même du plat boueux te paraît interminable. Donc j'ai marché, à quoi bon lutter et s'obstiner à courir. Le plus dur était fait et il fallait coûte que coûte rentrer, pas question d'abandonner, non mais. Instant de détresse, d'isolement, même pas un piaf pour me chanter un petit air. Aller, je m'accroche, finira bien par arriver un jour...Et c'est là encore une fois que le moral est important. Ce n'est pas une nouveauté, mais à chaque course un peu "hard" tu t'y accroche sinon...

- Evidemment, malgré une marche à allure que j'essayait de garder la plus soutenue possible, pour ne pas trop traîner d'une part et ne pas avoir froid, je me suis fait doubler, et ce qui était remarquable et appréciable, est que pratiquement chaque concurrent me voyant un peu en galère m'encourageait. Bon je n'étais pas à l'agonie mais je n'avançais pas vite certes par rapport à eux. Il y en a même un qui m'a dit "allez vient je t'emmène..." je n'ai pas osé lui demander où...humour humour, mais je n'en pouvais plus et je n'ai pu l'accrocher. Non sérieux, c'est ce qui fait le charme aussi de de ce genre de courses, un côté très humain. Tiens, ça me rappelle, quand je suis tombé, à croire que cela doit faire un bruit caractéristique, le gars devant moi sans même se retourner m'a demandé si tout allait bien !! Instinctivement j'en ai fait de même, quand j'en ai vu 2 se planter soit devant, soi derrière.

- ah oui j'allais oublié autre chose de remarquable, est que le gars qui a tracé le parcours a trouvé un malin plaisir à nous faire passer pratiquement par dessus tous les arbres petits ou gros qui jonchaient le sol, sorte de 15 Km Steeple et une vingtaine de fosses !! que ce soit sur du plat,en montée ou en descente, sinon ça n'aurait pas été drôle.

- sur le retour pendant encore quelques Km un chemin où on ne s'enfonçait pas, miracle, il y avait tout de même quelques flaques d'eau pour rincer tes semelles.

 

Voilà pour essentiel, du moins ce qui me revient au moment où j'écris ces lignes.

 

Bravo aux filles d'avoir été courageuse, malgré l'abandon de Karine à 5 Km de la fin, l'attente interminable de Corinne, qui est arrivée avec un grand sourire.

Bravo bien entendu aux garçons, qui ont fait parlé de l'EASQY, ça commence à causé en Trail, 1er au scratch, 1er en VH1, 1er par équipe. La totale.

 

Merci pour la soupe chaude à l'arrivée et le buffet, l'accueil encore une fois, les bénévoles sympathiques qui ont su garder le sourire jusque très tard dans la nuit.

Merci à l'organisation de nous avoir fait vivre un tel instant qui restera gravé longtemps.

Bon il est temps de rentrer, pour se coucher vers 6H45.

 

Encore félicitations à tous et à l'Origole 2009.

 

Guy

 

PS: j'espère que nos compères raconteront aussi leur périple.

PS : Gilou, félicitations encore à Iva, Isabelle et son homme que nous espérons revoir bientôt.

 

 

 

Publié dans Trail

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