TRAIL DE VULCAIN épisode II…un certain 2 mars 2008…

Publié le par Mordus d'athlétisme St Cyr

Le trail de Vulcain de l’année dernière avait laissé de tellement bons souvenirs qu’il n’était pas question en 2008 de ne pas y revenir, mais avec un autre challenge, celui de passer sur la grande boucle celle des « vrais » coureurs diront certains. L’affaire n’est pas jouée, 55 Km quand même à avaler, mais bon le mental est fort et une petite équipe s’est réunie pour se lancer une fois encore à l’assaut des volcans.

 

Voici le récit de notre périple…

 

Avant de commencer, il faut remercier tout d’abord le boulot de notre ami Fred dit le « yeti » qui s’est occupé de l’organisation aux petits oignons. Il s’est occupé de ses chérubins de façon à ce qu’ils soient bien logés et bien nourris et en plus pour pas trop cher. Que demander de mieux ?

 

Samedi 1er mars, rendez vous était donné à Elancourt à nos copains de l’ASAF (Association Sportive d’Air France) non loin de chez Fred.

L’ambiance était déjà donnée avec l’esprit jovial de Marc, Jacky et Armando et nous laissait présager un week-end loin d’être triste. Bon ok il y avait aussi Régine. C’est au nombre de 8 que nous partons.

 

C’est aux alentours de 10H00 que le mini bus démarre direction l’autoroute des volcans.

Prise de connaissance, discussions enrichissantes sur les expériences sportives de chacun, mon pépère (Denis), Pascale et moi faisions figure de novices malgré les quelques trails déjà courus.

 

Armando, notre chauffeur, a bien essayé de persuader Pascale de faire le long, mais sa ténacité n’aura pas eu raison de son choix, Pascale se lançait tout de même sur son 1er trail de 32 Km et connaissant le parcours, je savais que la tâche n’allait pas être facile.

Il a eu plus d’influence sur Fred qui partait sur le 32 et qui…était partagé à 50/50. Laissons le mijoter, finira bien par avoir des remords …

 

Petite pause déjeuner vers 13H00, beaucoup de monde finalement prend la même route que nous, et nous arrivons tant bien que mal à trouver un petit espace pour casser la croûte et se détendre un peu. Un petit café et hop retour dans le camion.

 

La route se passe très bien au final et nous arrivons à Volvic vers 15H00. Pile poil pour aller voir notre amie Fatima qui s’était inscrite sur le trail de Vénus de 12 km du samedi et réservée aux femmes. Que 12 Km me direz vous, mais chapeau tout de même car c’est la moitié de grimpette et autant de descente. De plus il y a beaucoup de vent et il ne fait pas très chaud.

 

Pendant que Fati se régale dans les chemins, nous allons percevoir les dossards au gymnase et discuter avec les bénévoles de l’organisation. Cette année pas de lot en même temps que le dossard, c’est une surprise qui ne sera donnée qu’à l’arrivée. Te voilà prévenu si tu veux ton cadeau il faudra que tu termines.

 

Nous assistons ensuite à l’arrivée de Fati, sous nos applaudissements. Pas simple cette course et elle s’en est bien tirée. Quelques photos souvenirs et on se dit à bientôt.

 

Direction l’hôtel du Commerce, le même que l’an passé. Très bon accueil, pratique, bon rapport qualité prix. Et discrètement profitant de l’absence de Denis, nous concoctons avec le patron une petite surprise pour notre ami, qui vient de fêter son anniversaire dans la semaine.

 

Nous passons à table vers 19H30, au menu spécial sportif, sont proposés de la soupe (à volonté), émincé de poulet avec tagliatelles avec ou sans crème, 2 gourmands ont pris avec crème, et en dessert tarte aux myrtilles avec pas moins de 4 couches de myrtilles vu l’épaisseur, le tout arrosé par une cuvée de « Château la Pompe 2008 ». Denis quant à lui a eu un dessert surprise comme le montre la photo avec sa petite bougie des « 48 ans ». Bon anniversaire mon Pépère ! !

 

Marc, Régine, Marlène nous ont rejoint au dessert, et Régine, à la vue de l’épaisseur de la tarte n’a pu s’empêcher d’aller en demander une directement au patron ! ! Bon il est vrai qu’elle était particulièrement savoureuse cette tarte.

 

Le repas s’est déroulé bien entendu dans une ambiance particulièrement conviviale et les blagues n’ont pas été en reste (merci les copains de l’ASAF)

 

Bon ce n’est pas tout ça mais demain c’est le grand jour. Armando n’a pas lâché Fred, va t il craquer et faire le long ? Pour Pascale, Denis et Eric c’est décidé ça sera le court.

 

(J’oubliais de préciser que pour cette course le choix de la distance ne se fait qu’au 19ème Km point de ravitaillement et aussi barrière horaire)

 

Direction les chambres, pour les préparatifs, la tension monte un peu même si Pascale dit le contraire.

Chacun s’affaire à répertorier tout son petit matériel, s’agirait de ne pas oublier quelque chose, et de s’interroger sur la tenue à mettre. Laissons passer la nuit elle portera conseil.

Cette année ouf nous ne dormons pas avec Fred, comme ça nous ne serons pas réveillés à 5H00 à cause d’une montre récalcitrante.

 

La nuit passe, paisible, sauf semble t il pour Armando et Pascale qui ont entendu Denis ronfler ! !

 

Cocorico il est 6H30, les têtes sont un peu défaites et les mines en disent long sur certaines inquiétudes d’avant course. Allons prendre le petit déj’ ça ira mieux après.

 

Nous finalisons les préparatifs, règlement de l’hôtel, fermeture des sacs et direction le camion pour rejoindre le parking près du gymnase et ensuite le départ.

 

Le stress commence à se lire sur certains visages, il est environ 8H00 et c’est l’heure d’aller faire contrôler les sacs (couverture de survie, sifflet et un minimum d’eau sont obligatoires) et de passer dans le parc fermé en attendant l’heure du briefing. On s’encourage, petite tape rituelle dans les mains, le briefing a lieu mais sans vraiment l’écouter. Point important, la barrière horaire à respecter au 19ème Km, soit y être en moins de 3H00 si on veut pouvoir espérer continuer sur le long.

 

Mince cette idée qui était juste dans un petit coin de ma tête va devenir non pas une fixation mais une préoccupation. Il fallait que je fasse mieux que l’an passé (3H10’) si je ne veux pas être recalé. Ça serait dommage compte tenu de mon objectif et surtout du beau temps qui est avec nous, ciel bleu, de la fraîcheur, d’ailleurs il est temps que ça démarre, et plein de concurrents, venus de partout, même de Belgique ! C’est sur que pour eux ça va les changer.

 

8H30 ça y est la corne de brume retentit et ce sont 671 coureurs et coureuses qui s’élancent, tranquillement, de toute façon vu l’embouteillage on ne peut pas faire autrement sauf en tête de course je suppose. Je suis resté derrière avec Denis et Pascale, et c’est impressionnant de voir cette marée de sacs, de bâtons, de gourdes. Allure pépère genre footing d’entraînement, nul n’est besoin d’aller plus vite, car l’échauffement se fait maintenant, pas avant (hein Pascale…)

           

Au bout de 400m, première difficulté qui inquiétait Pascale « je n’aime pas démarrer en côte à froid » rassures toi, tu vas vite t’échauffer, petite rue qui monte en épingle dans le centre de Volvic, des spectateurs sont déjà là pour nous encourager. Bon, nous avions prévenu Pascale qu’au départ ça monte au moins pendant 1H00, et après…ça monte aussi mais encore plus raide.

            Je laisse mes compagnons pour commencer à remonter cette chenille qui n’en finit pas. L’ambiance est sympa, tout le monde se parle, profite du soleil, du calme relatif avant la tempête. Il fait un peu frais mais c’est supportable. Le temps est particulièrement clément pour un 2 mars, bon nombre de coureurs ont choisi de partir en short.

            C’est une fois arrivée à la Source de Volvic, que le vrai départ de la course pour moi est donné, avec l’entrée dans les chemins et qui n’en finira pas avant un paquet d’heures. Mais ça je n’y pense pas, je commence à ressasser ce temps limite signe de laisser passer. Gérer, mieux gérer qu’en 2007, mais ça veut dire quoi. Si je vais trop lentement j’ai des points de côté et si je vais trop vite je suis mort avant la fin. Ok, réglage de la machine sur allure moyenne et ravito en vol tous les 1/4h à 20 min, reste plus qu’à laisser rouler et surtout savourer le temps présent dans cette nature percée par les rayons du soleil. Malgré la fraîcheur matinale, je peux sentir ces parfums que l’on découvre dans les bois. L’appareil photo est prêt lui aussi mais n’entrera en action que dans la partie inconnue, si j’y arrive.

            A la vue des premiers cailloux, que dis je, des centaines de cailloux, j’ai une petite pensée pour Denis, pourvu que ça se passe mieux que l’an passé et qu’il joue moins au foot. Ses râles de colère vont me manquer c’est sûr, mais cette fois j’ai laissé le soin à Pascale de s’occuper de lui, ah elle a voulu venir.

            Ça monte, ça monte imperturbablement, dans des sentiers de sous bois assez large, direction la « vraie » 1ère difficulté. Je me remémore certains endroits mais pas d’autres. Les arbres pour la plupart sont toujours aussi mal rangés (hein Denis). Un peu de plat et de descente pour entrer en matière doucement et nous arrivons au « Puy de la Nugère » après avoir traversé le « Bois de Ferré » et sa longue côte. Heureusement que les organisateurs ont eu la bonne idée de changer légèrement le tracé, rendant la grimpette, je dirais, un peu moins hasardeuse, en ce sens où cette fois pas besoin d’être à 4 pattes ou de se rattraper aux branches pour arriver en haut. Non, ils ont dévié par un petit chemin très étroit en terre noire ressemblant à du terreau, où ne nous pouvons passer qu’en file indienne. Seuls les plus téméraires armés de bâtons se risquent à doubler. Est-ce la bonne forme que je tiens depuis la rentrée, mais à ce stade de la course, certes pas bien loin (5 ou 6ème Km), je n‘accuse aucun signe de fatigue et tout se passe à merveille. Encourageant pour la suite.

 

            Arrive le Puy, la montée n’est jamais réellement piégeuse mais la descente…oui.

Qu’à cela ne tienne, il est temps de commencer à se faire plaisir et de lâcher un peu l’allure, trop peut-être. Mais quel plaisir de dévaler ce chemin où tous les obstacles sont là. D’ailleurs ça ne ressemble pas à un chemin mais à un couloir d’écoulement des eaux où atterrissent tous les éboulis. Grosses pierres, racines, doivent me mettre en alerte pour ne pas risquer l’entorse, mais tout se passe à merveille et je double quelques concurrents qui marchent. Après cette descente effrénée, l’arrivée à la route calme un peu les ardeurs, surtout que la « promenade » est encore longue. Je regarde l’heure mais je n’ai pas vraiment de repère. Tant pis je ne m’endors pas, il faut passer avant 3H00, malgré la prochaine difficulté dont je me souviens très bien. Et avant de l’attaquer, nous soufflons un peu dans un chemin de GR je suppose. Nous pouvons admirer notre prochaine épreuve car elle se dresse là, à notre droite, semblant nous narguer.

 

            Cette prochaine difficulté n’est autre que la grimpette du « Puy de la Louchadière » qui avoisine je crois les 1100 m d’altitude. Glurps ! Il faut y arriver coûte que coûte. La difficulté à mon avis, réside non pas dans le fait que ça grimpe, ça tu t’y es fait largement, mais plutôt le fait que c’est long et que tu as l’impression de ne jamais en voir le bout. Le chemin est très sinueux avec des paliers, tout en sous bois ne laissant rien deviner du paysage autour qui permettrait de se jauger sur la hauteur. Alors tu grimpes, en courant sur le peu de plat, ou tu marches, mais ça aussi tu t’y es fait.

 

Autre Puy, autre paysage, ce n’est pas le même style de sous bois. Nous sentons bientôt l’arrivée au sommet car nous croisons à un moment ceux qui en redescendent. Tenir bon, bien souffler, bien boire et ça devrait aller. Plus on monte et plus le chemin se rétrécit, et les arbres se font plus petits et plus denses. Ouf ça y est enfin le contrôle de passage. Petit coup de feutre sur le dossard et sourire des bénévoles qui nous encouragent comme à chaque fois. Petite pause pour contempler la vue sur les autres volcans et j’attaque la descente, moins piégeuse, plus agréable aussi du fait que je sais qu’elle débouche sur la plaine qui mène au ravito du 19ème Km non loin de Vulcania. Encore un coup d’œil sur la montre, je sens que la 1ère délivrance arrive.

 

Ça y est le chemin de plaine est là, avec une sensation de bien être car je suis en nettement meilleur état que l’année dernière où à cet endroit avec Denis on marchait à cause de nos douleurs respectives. Bon je dois avouer que mon genou gauche picote un peu, mais grâce à la genouillère de Pascale (merci beaucoup) et l’entraînement, j’aborde beaucoup plus sereinement cette portion qui doit faire entre 4 et 5 Km sans aucune difficulté et à la clé le laisser passer. Vous allez me dire que c’est une fixation, mais j’aurais tellement de désillusion si je n’allais pas voir ce qui se passe tout là haut…

 

            A peine débouché du bois où d’autres s’arrêtent pour récupérer, moi je continue à cavaler. La plaine et les champs sont superbes avec ce beau soleil, c’est calme, tout pour reprendre ses esprits et continuer du bon pied. Un peu plus de 2H00 de course, c’est jouable.

 

 

 

 

 

D’une fin de route en bitume, nous passons sur un chemin de terre, avec en vue au loin le Puy de Dôme, le chemin est encore long, et bien que loin il paraît déjà impressionnant. Attends moi j’arrive ! Puis se succèdent des chemins défoncés certainement par de fortes pluies, rappelant que la vigilance est de mise à tout moment et qu’un relâchement si infime soit t il peut être fatal, des chemins recouverts d’herbe, moelleux limite gras. Que du bonheur car tu ne sens pas l’impact de tes foulées.

 

La présence de quelques spectateurs ou accompagnateurs me fait dire que le ravito n’est plus très loin. Je vois bien des voitures mais elles n’arrivent pas vite. Presque 2H20 au compteur, c’est gagné, je débouche sur la route où se trouve le stand des rafraîchissements et des victuailles.

Après coup je me dis, c’est bien 2H20 mais cela veut dire aussi que j’ai été peut-être un peu vite, verra bien après. Quelques douleurs apparaissent mais ne sont pas encore contraignantes. Régine arrive quelques brefs instants après et repart quasiment aussitôt vers le 55. Je prends le temps de grignoter quelques denrées et de remercier les bénévoles, dont on sait en tant que club, toute leur importance. Ravito complet, sucré, salé, boisson locale, ou énergétique, café, fruits frais ou secs, papotages et sourires, rien de tel pour se requinquer. Bon ce n’est pas le tout, la 1ère délivrance est consommée s’agirait peut-être de penser à la suivante.

 

Je devrais être soulagé mais c’est avec une certaine appréhension que je me dirige avec un peu de fierté, certes je l’avoue, vers le commissaire qui pointe les dossards en partance pour le grand voyage. Et c’est parti, pour une longue traversée de sous-bois qui me font plus penser à la haute montagne qu’à des collines. Ça sent bon les pins, la mousse, la terre humide, les piafs chantent, je suis seul, peu en effet se dirige vers cette distance. L’ambiance qui règne incite plus à la flânerie qu’à la course. C’est vrai que la contrainte temps n’est plus pesante si ce n’est que pour être classé il faut boucler l’affaire en 9H00 soit une arrivée au plus tard dans 6H30. Bah c’est largement jouable que je me dis, ben voyons mon « couillon » il te reste pas moins de 36 Km soit plus de ce que tu as fait en 6H00 en 2007 ! Mouais, j’embraye s’agirait pas maintenant d’être hors course. Ce qui me rassure un temps soit peu est que je sais qu’il y en a plein derrière. En avant toute vers le passage entre le « Grand Sarcoui » et le « Puy des Goules » aux alentours de 1000 m. Je comprends mieux, enfin mes jambes, ce que veut dire le dénivelé annoncé de +2200m.

 

Végétation surprenante, à un moment nous courrons sur de l’herbe très rase qu’on dirait de la moquette et d’un moelleux, je ne vous dis que ça. Nous alternons sous bois, plaines. Nous passons à découvert et le « grand » puy est là aussi à nous surveiller. C’est plat, ou relativement plat. Nous en sommes encore loin et paradoxalement il me paraît tout près. Impressionnant. Encore de grandes traversées de plaine, l’impatience commence à se faire sentir, j’ai l’impression de tourner autour sans trouver l’entrée. C’est qu’il faut encore en parcourir des Km car le sommet est au 31ème.

 

            Enfin arrive un peu de pente, la végétation change, elle se fait plus aride et le vent se lève, impression de rentrer dans un couloir qui longe le Puy, l’air est froid, le chemin s’est rétréci, nous croisons un bénévole qui n’ a pas l’air d’avoir très chaud. Ça y est les jambes me signalent que la pente commence à se raidir mais c’est pour passer une « bosse ». Ça me paraît interminable, tellement l’envie d’en découdre se fait pesante. Heureusement oserais je dire, la fatigue elle aussi est là et me fait ralentir. Je me remplis d’images, décors fabuleux, belle lumière ainsi que l’herbe jaunie qui recouvre la plupart du sol. Je débouche enfin de cette colline et ça y est il est là, devant moi, immense.

 

Je perçois des coureurs tout petits mais vraiment tout petits, formant un chenillard grimpant vers le sommet, me permettant d’évaluer la distance qu’il faut parcourir pour gravir le versant. Cela fait bien maintenant près d’1H30 que je coure avec le Puy en point de mire. Le tracé modifié cette année nous fait arriver par un escalier en bois construit récemment avec des rampes en cordage. Je suis très ravi de cette initiative, car cela me permet de récupérer un tant soit peu même si le nombre de marches est incalculable. A différents paliers je prends des photos tellement la vue est belle, soit sur les volcans que l’on vient de franchir, soit sur la ville de Clermont toute petite on dirait une maquette, soit sur la superbe chaîne du Sancy où l’on aperçoit clairement de la neige. Que dire, rien, si ce n’est que de savourer cet instant de bonheur malgré une certaine fatigue et des douleurs aux jambes bien présentes et légitimes. Mais le spectacle naturel qui m’est offert me les fait oublier un laps de temps. Je discute avec d’autres gars, que je prends en photo et en remerciement eux aussi. Les gens viennent de partout. Nous croisons aussi de temps en temps des touristes ou des randonneurs. J’aurais presque envie de me poser là mais le chrono tourne et …l’escalier débouche sur la route qui mène au sommet. Bien qu’en pente raisonnable, c’est en marchant que je continue pour arriver au sommet.

 

Enfin la 2ème délivrance ! Je ne sais plus où donner du regard tellement c’est beau de partout. J’avance tout doucement pour ne rien louper ou presque. La pente est abrupte et il ne faut pas trop s’approcher du bord. Nous sommes à 1464m. Nous faisons carrément le tour de l’antenne, par des escaliers en ciment en construction ou par une petite route qui fait des vagues. Les petites descentes commencent à me faire mal aux cuisses et aux genoux. Il faut serrer les dents, le chemin est encore long…

 

            Voilà le contrôle de passage qui annonce la descente par le chemin des muletiers. Une des dames note mon n° de dossard, la 2ème distraite par un touriste a failli oublier de mettre le coup de feutre, mince ça aurait été ballot à l’arrivée.

 

A la vue de la pente, je comprends mieux les organisateurs d’avoir changé le tracé. Bou diou, va falloir se lancer mais à quelle allure ?

 

Le chemin est recouvert de cailloux et de graviers, pas bon pour l’adhérence. Je teste plusieurs techniques mais la vitesse ne paie pas. La lenteur non plus, plus tu es sur tes appuis et plus tes cuisses et les genoux te supplient d’arrêter. Mince il faut trouver le juste milieu. De plus, bien que plus « courte » que la montée elle est aussi beaucoup plus raide. Donc j’alterne les rythmes et c’est long très long. Mais arrive le bout quel soulagement et après 2 à 3 Km le ravito.

 

Quel bonheur ! La fringale est là et je dévore du saucisson, fromage, pain. Je bois un peu de tout, eau, café, coca tout ça dans le désordre, peu importe. Le soleil me réchauffe un peu ainsi que ce que j’avale. Nous sommes plusieurs à se ravitailler et discuter avec les gens de l’organisation. On se renseigne sur la distance, il reste l’équivalent d’un semi, une paille que disent certains en rigolant !!      Mouais je rigole aussi mais jaune…un réconfort moral survient avec l’arrivée de Marc, suivi de peu par Jacky. Petite pause photos, quelques échanges. Et dire que Marc a fait avant l’EcoTrail et Jacky le trail du Château de Pierrefonds, je comprends mieux pourquoi ils sont derrière moi. Quant à Régine cela fait bien longtemps que l’on ne l’a plus revue. J’ai cru comprendre qu’elle voulait « enrhumer » Marc, histoire de vengeance ou dette de course, pas bien compris, si ce n’est qu’à chaque fois c’est rigolade. Bon je me refroidis, et je sens des crampes venir aux mollets. J’abandonne les 2 copains et reprends les chemins…

 

Et là les souvenirs vous m’en excuserez sont un peu flou, à croire que la fatigue m’a endormi ainsi que toutes ces belles images prises dans la boîte mais aussi dans ma mémoire.

 

J’avouerai franchement que le retour a été plutôt douloureux par moments, mais avec tout de même des instants de réveil où les douleurs s’estompaient, ce qui me permettait de recourir mais de nouveau obligé de ralentir car ce coup ci c’est le souffle qui manquait, certainement dû à l’altitude ou la descente ou le cumul des 2.

Je ne voudrais surtout décourager personne, avoir mal fait partie de la réussite, et j’ai compris avec l’expérience que le plaisir rime souvent avec souffrance. Et là je vais encore une fois être servi !

 

Le retour passe par le même point de ravitaillement qu’à l’aller. Je regarde la montre, fichtre le temps a passé. J’alterne entre marche soutenue et course en demi teinte dans les plats et les descentes légères. Il fait toujours aussi beau et il commence à faire doux. Je m’en rends compte aussi à l’eau de ma poche qui n’est plus glacée. Je chemine de temps en temps avec d’autres coureurs isolés comme moi. On parle de la course, du pays et surtout de la chance que l’on a d’être là.

 

Arrive le ravito au 42ème Km. Petite pause, quelques étirements légers, grignotage avant de repartir vers la partie courue l’an passée. Le démarrage est plutôt dur, mais le chemin est plat et au bout d’1 Km je décide de continuer en courant. Les douleurs vives m’arrêtent et je remarche.

 

Nous passons ensuite par les Puys de « Leyronne » 1000 m, « Coquille » 1100 m, et un 3ème le puy de « Jumes » encore un petit peu plus haut. Le tout par des chemins jamais monotones, alternant grimpette dans petit sentier très étroit (largeur d’une basket), sous bois de petits arbres, ou plus gros, fougères, terre argileuse, jaune claire, ou marron voire noire, jonchés de feuilles ou de racines. Un sentiment malgré tout de ne pas subir le temps qui passe tellement cette nature est belle et prenante. Par moment de nouveau je suis seul. Il faut s’accrocher, c’est dur, le moral tient le coup.

 

Après 6H00 de course, d’ailleurs je ne me rappelle pas où j’en étais, j’ai eu une pensée pour Pascale et Denis, je me suis dit j’espère qu’ils sont déjà arrivés et que tout s’est bien passé. Maintenant Denis c’est un costaud, et je ne pense pas qu’il soit tombé ou se soit perdu (je me comprends).

 

Petite anecdote, je ne saurais pas resituer l’endroit, mais à un moment en sortie d’un bois nous arrivons sur une descente toute noire ! Le flanc de la colline était recouvert de petits cailloux de lave (c’est ce qu’on m’a dit) avec la particularité de former un matelas moelleux où là ouf descendre ne faisait plus mal tellement ils amortissaient les foulées. Sauf que, ces petits cailloux n’avaient pas eu d’autre idée que d’entrer en abondance dans mes …chaussures de trail. Je me sentais bien et du coup il fallait s’arrêter pour les vider. Avec d’autres obligés de faire le même arrêt on s’est dit qu’on comprenait mieux pourquoi certains avaient des guêtres. Ce n’était pas pour la boue…

 

Un commissaire nous ayant annoncé qu’il nous restait 3 grimpettes, le calcul était vite fait il n’en restait plus qu’une, celle du col et du Puy de « la Nugère » où je m’étais régalé en descente. Bon pas gagné, je ne suis pas certain que le plaisir allait être le même à la remonter. J’ai reconnu certains gros cailloux, si si, difficile de se frayer un passage quand on a mal aux cuisses et aux genoux, j’essaie de faire « simple » mais là c’était moins rigolo. Enfin le sommet, je me dis chouette ça sent bon l’arrivée, si on veut il reste tout de même pas loin de 5 à 6 Km, et cette montée faite en file indienne à l’aller et bien maintenant il faut la descendre. Ouille ouille ouille. J’aurais vraiment pu me régaler tellement j’adore ce genre de difficultés, alternance encore, de terre meuble, de tapis de feuilles cachant des pièges, sentiers sinueux, plus ou moins raides, branches basses, arbres encore une fois mal rangés, enfin cela aurait pu être un réel bonheur sans ces douleurs. J’ai du freiner pratiquement tout le temps. Et encore une fois un peu seul, quoique par moment on me doublait mais le gars n’était pas mieux et je le redoublais un peu plus loin.

 

Marc m’a rattrapé à environ 5 Km de l’arrivée je crois, l’avait l’air d’avoir encore la patate, mais je n’ai pas pu le suivre, dommage on aurait bien rigolé. Jacky était derrière mais où ?

 

Ma montre indique que ça fait déjà une bonne journée dans les pattes. Il ne s’agit pas de flancher si près du but. J’attends avec impatience les repères vus à l’aller qui me réconforteraient par rapport à l’approche de l’arrivée, mais la fatigue est telle que cela me paraît interminable. Un signe tout de même est que je croise de plus en plus de promeneurs avec un « bonjour » rituel. Ils doivent se dire « d’où ils sortent ces gars là » et même à 1 ou 2 reprises des gens m’ont demandé quelle distance je parcourais et moi pas peu fier de dire « 55 Km !! ». Pour l’instant je ne réalise pas l’exploit perso que je suis entrain de réaliser.

 

Ça y est je suis sur la bonne voie, je reconnais le chemin aux centaines de cailloux. Un coureur fatigué aussi, m’accompagne par le fait, on se double régulièrement et on finit par rester quasiment ensemble avec quelques petits mots d’encouragement. Trop top, on ne se connaît pas mais on sait qu’on est dans la même galère.

           

            La fatigue étant, les jambes se lèvent moins et ça cogne de plus en plus souvent dans les pierres, tiens tiens ça me rappelle quelqu’un…

 

            Bizarrement les douleurs ont l’air de s’estomper, mais ce n’est qu’une fausse alerte. Ça redonne quand même un petit coup de fouet au moral et surtout d’accélérer par moment. Les derniers 2, 3 Km paraissent vraiment très longs. J’ai hâte de voir la barrière qui marque la sortie du chemin. 

Ouf la voilà, panneau « Volvic » sur la grille de la source, j’attends d’être sur le bitume pour voir si ça peut courir, cette reprise d’allure me permet de remonter sur 2 autres concurrents et de les doubler, que du bonheur pour finir, ça descend, bizarrement je ne sens plus les douleurs et j’entame une bonne foulée qui s’accélère progressivement au fur et à mesure que je reconnais le passage dans le centre de la ville. Je distance le compagnon, et je file, je file jusqu’à la route qui m’amène à la ligne droite de l’arrivée. C’est fou j’ai encore de l’énergie pour allonger les pas. Il n’y a personne pratiquement pour encourager, évidemment que je me dis, après plus de 8H00 de course les gens ne sont pas restés, j’arrive à placer un traditionnel petit sprint et c’est la dernière délivrance !!

Je récupère un tant soit peu avant de percevoir le cadeau, un Camel back, du coup tellement content je fais la bise à la dame chargée de nous les remettre. Puis je demande mon temps, car pas confiance en ma montre qui s’est arrêtée lors de la remise du sac sur le dos sur le parcours. 8H14’ excellent, même pas hors course !

 

            Pascale, Denis et Fred sont là pour m’accueillir et me féliciter.

 

Le mot de la fin, si tant est qu’il puisse y avoir une fin, est que je souhaite sincèrement que vous puissiez vivre cette aventure, certes douloureuse mais franchement le mal n’est rien à côté du bonheur trouvé sur un week end comme celui-ci, riche en émotions, riche d’avoir rencontré des copains et copines super sympa, de redécouvrir cette belle région, d’avoir encore une fois été bien reçu, que ce soit par les gens de l’organisation, le personnel de l’hôtel, les gens rencontrés dans les chemins. Week end génialement complet ou complètement génial. Alors je vous dis rendez-vous en 2009 !

  

            Merci à Fred pour la préparation à ce beau voyage et ton calme légendaire

            Merci à Marc pour ses blagounettes qui nous ont bien éclaté

            Merci à Jacky d’être le duelliste de Marc dans les répliques

Merci à Régine pour sa répartie formant le complément idéal à Marc et Jacky (toujours pas bien compris votre « challenge » entre toi et Marc) mais pas merci car tu ne m’as pas attendu… (Humour humour) de plus tu m’as mis 1H00 dans ma f..e !

Merci à Armando pour ses conseils quant à l’approche du trail, du vrai, je pense que ça va nous aider à mûrir.

Merci à Eric d’avoir été avec nous, que l’on n’a pas beaucoup entendu, mais c’est Eric

Merci à Pascale de nous avoir fait confiance et j’espère sincèrement que tu en verras encore beaucoup d’autres…des sentiers et des lascars.

Merci à mon Pépère qui me suit dans toutes mes galères et qui est pour moi synonyme de courage

Merci à Marlène et François d’avoir répondu à l’invitation de Fred, que je n’ai pas beaucoup vu et du coup je ne les connais pas d’avantage, une autre fois sans doute…

Merci aux volcans de m’avoir encore une fois donner la chair de poule

Merci à Fati et Philippe d’avoir été là aussi tout simplement, pour le plaisir de se voir (pas que, je sais Fati, tu en as bavé mais on ne t’a pas obligée)

 

 

Au plaisir de vous revoir bientôt sur un autre périple.

 

Guy (Neutron) pourquoi Neutron demandez à Fred

 

Ah oui j’ai oublié de préciser qu’Armando a réussi à convaincre Fred de faire le long. Super !!

 

J’ai oublié aussi de parler de la grotte du yeti vu en repartant bien après le puy de Dôme, et je confirme malheureusement qu’il n’y avait pas de yeti (hein Fred)

Publié dans Trail

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